La guerre en cours au Moyen-Orient fait peser un risque sérieux de crise énergétique mondiale, potentiellement plus grave que les deux chocs pétroliers des années 1970 et les conséquences de la guerre en Ukraine. L’alerte a été lancée en début de semaine par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE).
Selon son directeur, Fatih Birol, la production mondiale de pétrole accuse déjà un déficit inédit de 11 millions de barils par jour. « À ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit davantage que les deux crises pétrolières majeures réunies », a-t-il déclaré, évoquant une « menace majeure » pour l’économie mondiale.
Le principal point de tension se situe au détroit d’Ormuz, fermé depuis plus de 3 semaines. Cette voie maritime essentielle assure habituellement le transit d’environ 1/5ème des flux mondiaux de pétrole et de gaz. Sa paralysie accentue les tensions sur l’approvisionnement énergétique mondial.
En outre, les destructions d’infrastructures énergétiques aggravent la crise. « Avec la destruction de 40 installations majeures dans 9 pays de la région, aucun pays ne sera épargné », a averti Fatih Birol. Il précise que même en cas de résolution rapide autour du détroit d’Ormuz, ces dégâts pourraient durablement affecter la production.
Dans ce contexte, les marchés enregistrent une forte hausse des prix de l’énergie. Le baril de Brent se maintient à un niveau élevé, tandis que les prix du gaz en Europe ont bondi de plus de 75 %. Cette situation ravive les craintes d’un retour de l’inflation à l’échelle mondiale, dans un environnement économique déjà fragilisé.
Source : rfi
