En Guinée, les postes de contrôle routier, initialement mis en place pour assurer la sécurité et le respect du Code de la route, sont de plus en plus dénoncés par les usagers comme des lieux de racket systématique. Une situation qui alimente la colère des usagers.
Sur les routes nationales, chauffeurs et transporteurs affirment faire face à une multiplication des points de contrôle, accompagnée de pratiques jugées abusives. « Entre Kankan et Conakry, on compte 15 postes de contrôle où, à chaque arrêt, il faut payer au moins 10 000 francs pour la levée du barrage », dénonce un chauffeur de taxi de transport en commun.
C’est pour protester contre ces tracasseries routières que des transporteurs de la région de Labé ont récemment déclenché une grève, paralysant partiellement les liaisons dans la zone et au-delà.
Pour de nombreux professionnels du secteur, le problème dépasse les cas isolés. Ils évoquent un système devenu structurel, dans lequel les routes nationales seraient transformées en espaces de prélèvements informels, impactant fortement les coûts du transport et, par ricochet, les prix supportés par les usagers.
Face à ces dérives dénoncées, des experts appellent à des réformes profondes du système de contrôle routier, notamment à travers la réduction des postes, la discipline administrative, la digitalisation des procédures et l’application stricte de sanctions contre les abus.
